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Malentendu

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Le malentendu est en fait constitutif de la conversation.

Les malentendus rendent la conversation possible. Si nous nous comprenions tout à fait, nous n’aurions plus rien à nous dire. Steve De Shazer

Si nous savions parfaitement ce que nous voulons dire et ce que veut dire notre interlocuteur nous n’aurions plus besoin de nous parler. Partir de l’a priori que nous ne comprenons pas ce que notre interlocuteur-trice dit va nous permettre de poser des questions et de construire un sens dans la collaboration.  Par ailleurs, l’idée que nous pourrions atteindre une parfaite compréhension est une utopie incohérente avec une conception du langage dans laquelle le sens est lié à l’usage. Il ne s’agit donc pas de mener une quête impossible du sens précis mais plutôt d’abandonner cette quête au profit d’une approximation qui sera elle-même limitée. Nous pouvons simplement approcher d’une certaine compréhension mais nous pourrons en approcher d’autant plus que cette compréhension sera le résultat d’un échange. Le non verbal (l’expression, le sourire, le ton, le regard…) est un indicateur de l’état de la relation mais, de par son caractère imprécis, il laisse place à des interprétations. Le verbal, lui, est un instrument de précision.

Le fait exceptionnel – la grande nouveauté – qui a caractérisé la formation et l’évolution du langage humain n’a pas été l’abstraction ou la généralisation, mais la découverte du moyen de parler d’autre chose que de la relation. Gregory Bateson

En outre, notre incompréhension est utile pour que la personne affine ce qu’elle-même est en train de dire et de penser puisque cette surdité volontaire  nous oblige à poser des questions auxquelles seul-e notre interlocuteur-trice peut répondre. Les questions servent alors à dissiper les malentendus. Le sens se construit, dans la conversation, dans l’usage des mots, c’est à dire dans l’interactivité et le champ pratique pertinent. Nous acceptons donc l’incompréhension et en faisons même un outil de conversation. C’est une des variables de ce que nous appelons la posture de non expertise. La description des situations servant de contexte à la construction du sens permet alors de s’entendre sur le sens des mots. Il s’agit tout d’abord, donc, d’entendre, d’être capable d’écouter sans interpréter L’Approche Centrée Solution prône donc le  malentendu a priori  pour pouvoir écouter sérieusement et avec curiosité la personne accompagnée.

Quelles sont les caractéristiques de cette écoute curieuse ?

Pour aller plus loin

  1. Les mots étaient à l’origine magiques Steve De Shazer. Ed Satas
  2. Vers une écologie de l’esprit. T2.  Gregory Bateson. Ed Seuil

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